Actualité · 05/06/2026
Bénin / Santé : Hounkpatin lève le voile sur ce que signifie vraiment « urgence vitale »
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Il fallait clarifier. Depuis l'annonce mercredi 4 juin en Conseil des ministres d'une prise en charge systématique des urgences vitales dans les hôpitaux publics, la question agitait les couloirs des services de santé autant que l'opinion : de quoi parle-t-on exactement ? Ce vendredi, Benjamin Hounkpatin a répondu face à la presse, sans détour. « C'est toute pathologie qui met en jeu de façon immédiate la vie de toute personne. » La définition posée par le ministre de la Santé est…
Bénin / Santé : Hounkpatin lève le voile sur ce que signifie vraiment « urgence vitale »
Il fallait clarifier. Depuis l'annonce mercredi 4 juin en Conseil des ministres d'une prise en charge systématique des urgences vitales dans les hôpitaux publics, la question agitait les couloirs des services de santé autant que l'opinion : de quoi parle-t-on exactement ? Ce vendredi, Benjamin Hounkpatin a répondu face à la presse, sans détour.
« C'est toute pathologie qui met en jeu de façon immédiate la vie de toute personne. » La définition posée par le ministre de la Santé est volontairement large et assumée comme telle.
Entre l'infarctus et l'enfant qui convulse
Pour sortir du registre abstrait, Hounkpatin a choisi l'exemple concret, celui qui parle à tout le monde. Un patient qui arrive aux urgences en se tenant la poitrine, en proie à ce que la médecine appelle un infarctus du myocarde si rien n'est fait dans les minutes qui suivent, l'arrêt cardiaque est au bout. Un enfant conduit en urgence par ses parents, qui convulse sur le brancard chaque seconde compte.
Ce sont ces situations-là, dit-il, qui entrent dans le périmètre des urgences vitales. Des cas où le temps de chercher de l'argent ou de courir à la pharmacie peut être le temps de perdre quelqu'un.
Une armoire, des médicaments, et la vie sauvée d'abord
Le dispositif mis en place est simple dans sa mécanique, mais lourd de sens dans sa philosophie. Dans chaque service des urgences des hôpitaux publics, une armoire a été constituée avec les médicaments identifiés comme indispensables à la prise en charge des urgences vitales. Ils sont là, disponibles, sans qu'il faille attendre une ordonnance, une caisse ou une famille capable de payer.
« Dès que le patient vient et qu'on sait que c'est de ça qu'on a besoin, on tend la main, on prend et on soigne. Le temps après que lui ou ses parents aillent à la pharmacie pour les autres soins », a résumé le ministre. Une phrase qui dit tout sur le changement de logique que le gouvernement Wadagni entend imprimer dans la relation entre l'hôpital public et le patient.
Une mesure annoncée bien avant le Conseil des ministres
Ce qui est moins connu, c'est que cette décision ne s'est pas construite en une nuit. Hounkpatin l'a rappelé : le chantier a commencé bien avant l'investiture du président Wadagni. Dès le 22 mars 2026, lors de la présentation de son projet de société en tant que candidat, la prise en charge systématique des urgences vitales figurait déjà parmi les engagements phares. Les équipes du ministère ont eu le temps de préparer le terrain.
« La mesure a déjà commencé. On avait déjà commencé à faire la préparation », a confirmé le ministre, soulignant que le personnel soignant des hôpitaux publics a été sensibilisé et sait comment appliquer le dispositif.
Hounkpatin, qui avait déjà conduit ce même ministère sous Patrice Talon, incarne d'une certaine façon la continuité dans la rupture un homme du système, mais au service d'une nouvelle ambition. Celle d'un État qui soigne d'abord, et qui demande les papiers ensuite.
