Actualité · 27/06/2026

Bénin / Souveraineté alimentaire : l'aviculture sort de l'ombre et entre dans la stratégie nationale

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Il y a des chiffres qui parlent mieux que tous les discours. Chaque année, le Bénin consomme au moins 100 000 tonnes de produits avicoles. Il n'en produit que 20 000. Les 80 000 tonnes restantes arrivent de l'étranger, emportant avec elles une hémorragie de devises que le pays ne peut plus se permettre d'ignorer. C'est pour s'attaquer frontalement à ce déséquilibre que le gouvernement a réuni, jeudi 25 juin 2026 au Palais des Congrès de Cotonou, toute une filière autour de la première édition…

Bénin / Souveraineté alimentaire : l'aviculture sort de l'ombre et entre dans la stratégie nationale

Il y a des chiffres qui parlent mieux que tous les discours. Chaque année, le Bénin consomme au moins 100 000 tonnes de produits avicoles. Il n'en produit que 20 000. Les 80 000 tonnes restantes arrivent de l'étranger, emportant avec elles une hémorragie de devises que le pays ne peut plus se permettre d'ignorer. C'est pour s'attaquer frontalement à ce déséquilibre que le gouvernement a réuni, jeudi 25 juin 2026 au Palais des Congrès de Cotonou, toute une filière autour de la première édition du Salon Expo Avicole.

 

Le lancement officiel a été présidé par Adin Yeton Bloukounon Goubalan, ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, au nom du président Romuald Wadagni. Le message délivré ce jour-là ne souffrait d'aucune ambiguïté : l'aviculture n'est plus un secteur secondaire. C'est une priorité nationale, inscrite dans la Vision Bénin Vert 2033, avec un horizon clair réduire progressivement, puis éliminer, la dépendance aux importations de protéines animales.

 

L'idée qui sous-tend cette ambition est simple, mais lourde de conséquences. Un pays qui dépend de l'étranger pour nourrir sa population en protéines reste vulnérable. Construire sa souveraineté protéique, c'est reprendre la main sur son assiette et, par extension, sur une partie de son économie. Pour y parvenir d'ici à 2033, le gouvernement ne mise pas sur un acteur unique. Il parie sur une alliance large : l'État, l'interprofession, les investisseurs privés, les institutions financières, la recherche, les organisations professionnelles et les producteurs. « L'avenir de notre aviculture dépendra de notre capacité collective à produire davantage, à transformer davantage et à créer davantage de valeur sur notre territoire », a souligné le ministre Bloukounon Goubalan, qui voit dans ce secteur bien plus qu'une question alimentaire un gisement d'emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

 

Structure initiatrice de l'événement, l'interprofession avicole du Bénin a voulu un salon ancré dans les réalités du métier. Producteurs, couvoiristes, fabricants d'aliments, vétérinaires, transformateurs, distributeurs, chercheurs, investisseurs tous étaient là. Son président, Léon Anago, a présenté ce rendez-vous comme un double espace : celui de la réflexion sur les défis du secteur, et celui de la mise en lumière des opportunités qu'offre l'aviculture béninoise pour la sécurité alimentaire et la croissance économique. Il a tenu à saluer au passage l'appui décisif de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole du Maroc, sans lequel l'événement n'aurait pas vu le jour.

 

Car le Maroc était bien présent et pas seulement en coulisses. Ahmed El Bouari, ministre marocain de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, avait fait le déplacement jusqu'à Cotonou. Devant l'assistance, il a salué les réformes engagées par le Bénin pour moderniser son agriculture, avant de replacer cette coopération dans un cadre plus large. Pour lui, ce que Rabat et Cotonou construisent ensemble dépasse le simple cadre bilatéral c'est une vision commune d'une Afrique capable de nourrir les siens.

 

Une ambition qui résonne au-delà des frontières béninoises. Et qui, si elle tient ses promesses d'ici à 2033, pourrait bien transformer durablement le paysage agricole d'un pays qui a décidé, enfin, de ne plus laisser d'autres remplir son assiette à sa place.

 

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