Actualité · 15/07/2026
Circuler à droite : la répression seule ne changera pas les comportements
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Le rappel du gouvernement béninois sur l'obligation de circuler à droite intervient dans un contexte où l'insécurité routière demeure une préoccupation majeure. Le communiqué du 10 juillet 2026 annonce des contrôles renforcés pour sanctionner les conducteurs qui persistent à rouler à gauche. Cette décision s'inscrit dans la continuité de l'opération « Roulez à droite » lancée en 2019 sous le Directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, qui rappelait déjà que la règle…
Circuler à droite : la répression seule ne changera pas les comportements
Le rappel du gouvernement béninois sur l'obligation de circuler à droite intervient dans un contexte où l'insécurité routière demeure une préoccupation majeure. Le communiqué du 10 juillet 2026 annonce des contrôles renforcés pour sanctionner les conducteurs qui persistent à rouler à gauche. Cette décision s'inscrit dans la continuité de l'opération « Roulez à droite » lancée en 2019 sous le Directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, qui rappelait déjà que la règle normale de circulation est de se rabattre à droite lorsque cette voie est libre.
Sept ans plus tard, une question mérite d'être posée : quels enseignements peut-on tirer de cette première opération ? Une politique publique ne s'évalue pas seulement au nombre de procès-verbaux dressés, mais surtout à sa capacité à modifier durablement les comportements.
La circulation routière est avant tout une affaire de comportements humains. Les usagers n'agissent pas uniquement en fonction de la règle de droit ; ils sont influencés par leurs habitudes, l'environnement routier, l'observation des autres conducteurs, la perception du risque et le sentiment d'être effectivement contrôlés. C'est précisément le domaine des sciences du comportement, de la psychologie sociale, de la sociologie et des sciences cognitives.
Or, le contexte béninois présente une particularité importante : la majorité des usagers sont des conducteurs de deux et trois roues. Beaucoup n'ont jamais bénéficié d'une formation formelle au Code de la route et certains ignorent les règles élémentaires de circulation. Dans ces conditions, considérer chaque infraction uniquement comme un acte volontaire d'incivisme peut conduire à une analyse incomplète. Une partie des comportements résulte aussi d'un déficit de connaissances, d'habitudes ancrées depuis des années ou d'un environnement qui favorise les mauvaises pratiques.
C'est pourquoi la réussite d'une nouvelle campagne « Circuler à droite » gagnerait à reposer sur plusieurs piliers : l'application de la loi, bien entendu, mais aussi l'éducation, la communication comportementale et une évaluation scientifique de l'impact des mesures. Les spécialistes des sciences du comportement pourraient contribuer à identifier les freins au changement, tester les messages les plus efficaces et mesurer les évolutions réelles des pratiques.
Cette approche permettrait également d'adapter les actions aux différentes catégories d'usagers : motocyclistes, conducteurs de tricycles, automobilistes, transporteurs et piétons, qui ne présentent ni les mêmes contraintes ni les mêmes motivations.
En matière de sécurité routière, l'objectif n'est pas seulement de faire respecter une règle. Il est surtout de faire naître une nouvelle norme sociale où circuler à droite devient un réflexe partagé plutôt qu'une obligation subie.
Le défi est donc moins de multiplier les sanctions que de construire, progressivement, une culture de la sécurité routière. Car lorsque les comportements changent durablement, les contrôles deviennent moins nécessaires et les vies sauvées sont plus nombreuses.
La Rédaction
