Actualité · 07/07/2026
Coopération Bénin-Mauritanie : Le Président Romuald WADAGNI achève une visite de travail à Nouakchott
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Il y a des déplacements officiels qui ne sont que de la géographie habillée en politique étrangère. La visite de Romuald Wadagni en Mauritanie n'appartient pas à cette catégorie. À Nouakchott, le président béninois n'est pas venu pour les photos. Il est venu avec un agenda, des dossiers, et la conviction que les alliances qui comptent vraiment sont souvent celles qu'on construit loin des sentiers battus.
Coopération Bénin-Mauritanie : Le Président Romuald WADAGNI achève une visite de travail à Nouakchott
Il y a des déplacements officiels qui ne sont que de la géographie habillée en politique étrangère. La visite de Romuald Wadagni en Mauritanie n'appartient pas à cette catégorie. À Nouakchott, le président béninois n'est pas venu pour les photos. Il est venu avec un agenda, des dossiers, et la conviction que les alliances qui comptent vraiment sont souvent celles qu'on construit loin des sentiers battus.
Accueilli avec les honneurs militaires, Wadagni a passé plusieurs heures en tête-à-tête avec Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Deux hommes que tout semblait séparer la géographie, l'histoire, les trajectoires de leurs pays respectifs. Et pourtant, à mesure que les discussions avançaient dans les salons de la présidence mauritanienne, une évidence s'est imposée : Cotonou et Nouakchott ont plus en commun qu'il n'y paraît. Et surtout, ils ont besoin l'un de l'autre.
Les relations entre les deux pays n'ont jamais été mauvaises. Elles étaient simplement absentes cordiales en surface, vides de substance. Ce voyage marque la fin de cette distance polie. Dans un espace ouest-africain où les institutions régionales grincent, où les alliances d'hier se défont et où chaque capitale cherche ses propres appuis, le pragmatisme bilatéral devient la seule monnaie qui vaille encore.
Sur le terrain économique, les intérêts se rejoignent avec une netteté qui facilite les discussions. Le Bénin est un hub portuaire qui cherche à élargir ses horizons commerciaux au-delà de son hinterland habituel. La Mauritanie, elle, est engagée dans des chantiers d'infrastructures maritimes et de développement énergétique qui réclament des partenaires fiables et expérimentés. Les deux pays ont donc parlé connectivité transport maritime, échanges de compétences, harmonisation des cadres réglementaires, investissements croisés. Derrière la technicité du vocabulaire, une ambition simple : faire de cet axe atlantico-mauritanien un pont naturel vers le Maghreb et le monde arabe, au bénéfice des deux rives.
Mais c'est ailleurs que se joue l'essentiel. Le Bénin vit depuis plusieurs années sous la pression des groupes armés qui descendent du Sahel vers ses frontières septentrionales. Une menace diffuse, asymétrique, qui ne ressemble à aucune guerre conventionnelle et qui exige des réponses que les manuels militaires classiques ne contiennent pas toujours. La Mauritanie, elle, a traversé cette épreuve avant tout le monde et elle en est sortie debout. Dans un Sahel où les États tombent les uns après les autres sous les coups de boutoir du jihadisme, Nouakchott fait figure d'exception. Une exception qui s'explique par des années d'efforts discrets, de renseignement patient, de doctrine sécuritaire affinée dans la douleur du désert.
C'est cette expérience que Wadagni est allé chercher. Pas en mendiant une assistance, mais en proposant un partenariat entre égaux échange de renseignements, coopération technique entre états-majors, rapprochement des doctrines de défense. L'arc de crise sahélien plonge désormais vers le sud, et le Bénin a décidé de ne pas attendre qu'il frappe à sa porte pour réagir.
Au-delà des urgences du moment, les deux présidents ont également esquissé une vision commune à l'échelle du continent Union Africaine, grandes questions de l'intégration régionale, positionnement face aux pressions extérieures. Une Afrique qui pense par elle-même, qui construit ses propres réponses, qui ne laisse plus d'autres décider à sa place. Le discours n'est pas nouveau. Mais venant de deux dirigeants qui viennent de démontrer, par ce rapprochement inattendu, qu'ils savent traduire les mots en actes, il résonne différemment.
En quittant Nouakchott ce lundi soir, Wadagni a remercié son hôte avec des mots qui sonnaient sincères. Ce qui s'est joué ici, semblait-il dire, dépasse les agendas du moment. En liant Cotonou à Nouakchott, le président béninois confirme ce que ses premiers mois au pouvoir laissaient déjà entrevoir : sa diplomatie ne suivra pas les cartes héritées d'une autre époque. Elle se dessinera au gré des intérêts réels, des convergences concrètes, et d'une certaine idée de ce que l'Afrique peut encore construire quand elle choisit de se faire confiance.
