Actualité · 14/06/2026
Franck Kpassassi à Abomey : gouverner commence par écouter
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Il aurait pu sortir les chiffres, aligner les réalisations, défendre un bilan. Franck Kpassassi a préféré tendre l'oreille. Cent jours après son installation à la tête du Conseil communal d'Abomey, le maire a marqué l'étape non pas par une conférence de presse triomphale, mais par quelque chose de plus rare en politique locale : une tournée d'écoute.
Franck Kpassassi à Abomey : gouverner commence par écouter
Il aurait pu sortir les chiffres, aligner les réalisations, défendre un bilan. Franck Kpassassi a préféré tendre l'oreille. Cent jours après son installation à la tête du Conseil communal d'Abomey, le maire a marqué l'étape non pas par une conférence de presse triomphale, mais par quelque chose de plus rare en politique locale : une tournée d'écoute.
Dignitaires des cultes endogènes, responsables religieux, associations socioprofessionnelles, jeunes, femmes, artisans, acteurs du sport pratiquement aucune composante de la commune n'a été laissée de côté. La municipalité a multiplié les rencontres, les échanges, les espaces de parole. Une façon de dire, dès le départ, que la gouvernance communale ne se fera pas sans les habitants, ni malgré eux.
Abomey n'est pas une ville comme les autres
Le choix n'est pas anodin dans une cité de cette nature. Abomey, ancienne capitale du royaume du Dahomey, porte un héritage historique et culturel que peu de villes béninoises peuvent revendiquer. Plusieurs sensibilités y cohabitent traditions royales, confessions religieuses diverses, tissu associatif dense. Gouverner ici sans chercher le consensus, c'est prendre le risque de gouverner contre une partie de la population sans même s'en rendre compte.
En associant les leaders d'opinion, les gardiens des traditions et les représentants des différentes couches sociales à ses premières réflexions, Kpassassi envoie un signal clair : il ne compte pas décider seul. Que ce signal se traduise en actes, c'est une autre affaire mais il est là, posé dès les premiers jours.
Après les mots, les actes
Les cent premiers jours ont leur propre logique. Ce sont des jours d'installation, de prise de repères, de construction de confiance. Personne ne s'attendait à voir des routes refaites ou des marchés rénovés en trois mois. Mais la période d'écoute a une fin, et ce qui vient après sera scruté de près.
Les populations d'Abomey ont parlé. Elles ont dit leurs préoccupations, exprimé leurs attentes, formulé leurs espoirs. La question qui se pose désormais n'est plus celle de la méthode elle est celle des résultats. Est-ce que ce qui a été entendu sera réellement pris en compte ? Est-ce que les consultations engagées laisseront une trace dans les politiques communales, ou resteront-elles un beau geste de début de mandat ?
Franck Kpassassi a posé les fondations. Solides ou fragiles, on le saura dans les mois qui viennent. Pour l'heure, Abomey observe et attend.
