Il suffit de circuler quelques minutes dans Bohicon pour en être témoin. Aux carrefours Dako, Sodohomè, Moquas, Zakpo et Soglogon, la scène se répète. Un conducteur de taxi-moto, un zémidjan, lance un crachat par terre ou en l'air sans se retourner, sans se soucier de celui qui le suit. Derrière, une femme avec son enfant au dos, un élève à vélo, un autre motocycliste reçoivent le projectile en plein visage.
BOHICON / INCIVISME SUR LES ROUTES : Le crachat en pleine circulation, une pratique honteuse qui persiste
Il suffit de circuler quelques minutes dans Bohicon pour en être témoin. Aux carrefours Dako, Sodohomè, Moquas, Zakpo et Soglogon, la scène se répète. Un conducteur de taxi-moto, un zémidjan, lance un crachat par terre ou en l'air sans se retourner, sans se soucier de celui qui le suit. Derrière, une femme avec son enfant au dos, un élève à vélo, un autre motocycliste reçoivent le projectile en plein visage. (Par Sègbédji Ludovic Roland TOSSOU) "J'ai déjà reçu un crachat sur mes lunettes en suivant une moto au carrefour Dako. J'ai failli faire un accident tellement j'ai été dégoûté", raconte Firmin, conducteur à Bohicon. "Le monsieur avait un cure-dent dans la bouche tout en conduisant. Il a craché sans même regarder derrière." poursuit-il. Le fait est devenu si banal que plus personne ne s'en offusque. Certains motocyclistes conduisent avec un cure-dent coincé entre les dents, puis crachent à intervalles réguliers, que ce soit au carrefour de Zakpo ou sur la voie de Moquas. On observe aussi quelques conducteurs de voitures qui baissent la vitre et crachent au niveau des feux tricolores. Un danger pour la santé publique selon l'OMS Pour l'Organisation Mondiale de la Santé, ce mode de transmission est clairement établi. Dans son document de sensibilisation "LEAVE NO ONE BEHIND - UNITING TO END TB", le Bureau Régional Afrique de l'OMS affirme : "La tuberculose se transmet d'une personne à l'autre par voie aérienne. Quand les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire toussent, éternuent ou crachent, elles propulsent les germes de la tuberculose dans l'air." Dans son communiqué du 18 avril 2024 sur la terminologie de la transmission aérienne, l'OMS précise : "Les personnes infectées par un agent pathogène respiratoire peuvent générer et expulser des particules infectieuses [...] par la bouche ou le nez, en respirant, en parlant, en chantant, en crachant, en toussant ou en éternuant." Ce que dit la loi béninoise Au Bénin, c'est la Loi N° 2022-04 du 16 février 2022 portant hygiène publique qui régit la matière. Au Titre II, Chapitre I "De l'hygiène sur les voies et places publiques", l'Article 9 indique : "Il est formellement interdit d'uriner ou de déféquer aux abords des voies publiques et sur les places publiques." L'Article 10 ajoute : "Il est également interdit d'abandonner sur les voies et places publiques tous objets [...] ou les détritus." Plus précisément, le Code d'hygiène publique précise en son Article 45 : "Il est interdit de jeter à l'intérieur de ces moyens de transport en commun des déchets, d'y cracher ou d'y fumer. Il est également interdit de jeter les déchets et de cracher par-delà un véhicule en circulation." Un motocycliste qui crache en roulant aux carrefours Moquas ou de Zakpo commet donc une infraction. Selon l'Article 164 de la Loi 2022-04 : "Le non-respect des mesures d'hygiène [...] constitue une infraction punie conformément aux dispositions de la présente loi." Quelles approches de solutions? Face à ce fléau aux carrefours Dako, Sodohomè, Moquas, Zakpo et Soglogon, plusieurs pistes s'offrent à la commune. D'abord, la sensibilisation. La mairie de Bohicon doit cibler en priorité ces cinq grands carrefours, hauts lieux de rassemblement des zémidjans. Des affiches, des causeries avec les syndicats de taxi-moto, des messages en Fon et en Français à la radio communautaire pour rappeler la Loi 2022-04 et les recommandations de l'OMS. Ensuite, l'éducation à la base dans les écoles primaires et secondaires de la ville. Puis, la répression douce par la police municipale aux carrefours les plus fréquentés. Malgré les efforts déjà fournis par la mairie de Bohicon pour rendre la ville propre, avec le balayage des grandes artères comme celle de Zakpo à Dako, des efforts restent à faire côté comportement. La propreté d'une ville ne dépend pas seulement des camions de ramassage, elle dépend d'abord de ses habitants. À Bohicon, du carrefour Dako à Soglogon en passant par Moquas, il est temps que chaque motocycliste comprenne qu'un simple crachat en pleine circulation n'est pas anodin.
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